Batik, Ikat, l’artisanat textile à Bali

L'ARTISANAT TEXTILE A BALI

Je reviens de 10 jours de vacances à Bali. Balades dans les rizières, massages, yoga, un bel endroit à visiter pour profiter de la nature, se ressourcer et se recentrer sur soi.

Et pour ne rien gâcher, Bali est un lieu où le textile tient une place toute particulière. S’il est bien sûr utilisé pour s’habiller, il est également très largement présent lors des cérémonies traditionnelles, en tant qu’offrande pour honorer les dieux, ou lors des crémations par exemple pour jouer le rôle d’intermédiaire avec le monde de l’au-delà.

Les méthodes de tissage, le type de fibre utilisé (soie, coton…) ou encore les motifs revêtent tous des significations bien particulières et sont par conséquent utilisés dans des contextes différents.

Arbre sacré et son temple habillés de poleng à Sanur (Bali).
Arbre sacré et son temple habillés de poleng à Sanur (Bali).
Les grenouilles habillées de tissu veillent sur la rivière sacrée où les balinais viennent se purifier.
Les grenouilles habillées de tissu veillent sur la rivière sacrée où les balinais viennent se purifier.

 

Le Poleng par exemple, un tissu en damier noir et blanc qui symbolise l’harmonie des énergies positives et négatives, est traditionnellement utilisé en offrande pour décorer les statues ou les arbres sacrés. Un peu partout on trouve alors des statues, des autels ornés de tissu, ce qui peut surprendre un peu au départ.

Le textile est donc très présent dans la vie de tous les jours à Bali. Le Batik ou encore l’Ikat sont des techniques de fabrication traditionnelles que j’ai découvert sur place.

Je vous raconte…

LE BATIK

 

Le Batik est une technique de teinture qui bien qu’utilisée dans différents pays s’est surtout développée sur l’île de Java en Indonésie.

Le principe du Batik est de dessiner sur le tissu, avec une cire qui résiste à la teinture, le motif souhaité. Après la teinture, le tissu est bouilli afin de retirer la cire et laisser apparaître le motif dessiné.

Pour réaliser des motifs complexes avec plusieurs couleurs, les artistes redessinent de nouveaux motifs à la cire avant chaque nouveau bain de teinture.

Pour des motifs répétitifs, la cire peut être appliquée à l’aide d’un tampon appelé « Cap ». Pour les motifs dessinés librement à la main on utilise un outil appelé « Canting » qui permet d’applique manuellement la cire. Selon le dessin et la précision souhaitée, l’embout du canting est plus ou moins fin.

Vous pouvez voir sur la vidéo ci-contre la finition d’une pièce de batik déjà teinte plusieurs fois.

 

Et si vous voulez plus d’information sur le Batik, j’ai trouvé le site de Marie Labarelle, experte en la matière. Le site est très pédagogique et si vous êtes parisien(nes) vous pouvez vous rendre à la boutique atelier : 34 rue des Petites, 75010 Paris.

Batik fabriqué localement à Bali
Finitions à la main sur une pièce de Batik déjà teinte plusieurs fois. L'embout du "canting" utilisé est très fin pour permettre un travail précis.
Pièce de Batik fabriquée de façon traditionnelle
Pièce de Batik prête pour la teinture. Les poissons dessinés à la cire ne seront pas teints, ils resteront blancs.

 

Pour l’anecdote et pour souligner l’importance de ce tissu en Indonésie, il faut savoir que depuis 2009 le batik indonésien est inscrit sur la  » Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité « 

L'IKAT

L’Ikat est une technique de tissage caractéristique de l’artisanat Indonesien et qui est très proche de la technique plus connue du « Tie & Dye ».

Ikat signifie « faire un nœud » et la particularité de ce processus réside dans le fait que les fibres sont teintes avant le tissage.  Les tisseurs tendent les fils de chaîne ou de trame sur un métier en bois et nouent ensemble, avec des feuilles de palme ou de rafia, plusieurs de ces fils.

Ces nœuds sont disposés de façon à réaliser des motifs particuliers, motifs stylisés de plantes , d’animaux qui bien souvent ont des significations particulières. Vous pouvez voir un exemple sur la photo ci-contre. J’ai pris la photo à la galerie « THREAD OF LIFE » à Ubud. C’est une galerie et boutique à la fois dont l’activité vise à promouvoir et pérenniser les techniques traditionnelles de tissage et teinture indonésiennes. Cela vaut le coup d’y aller si vous êtes sur place d’autant qu’il y a également la possibilité de prendre des cours. Vous pouvez réaliser vous même votre propre pièce de batik!

Les fils sont ensuite teints et les sections de fils attachées ensemble, une fois les nœuds enlevés seront restés blanches.

Ce travail peut être réalisé plusieurs fois de suite avec des bains de teinture différents permettant d’obtenir des motifs plus complexes et de plusieurs couleurs.

Les fils peuvent alors être positionnés sur le métier à tisser pour la réalisation du tissu final.

Présentation de la technique de fabrication de l'Ikat à la galerie "The Thread of life" à Ubud.
Présentation de la technique de fabrication de l'Ikat à la galerie "The Thread of life" à Ubud.

A Bali, j’ai visité l’atelier Sari Amerta, où j’ai assisté à la fabrication d’une pièce d’Ikat.

Vous pouvez voir clairement sur les photos ci-contre que le fil, ici le fil de trame, est déjà teint avant le tissage. Le niveau de précision est impressionnant pour arriver à recomposer lors du tissage le motif initialement teint sur les fils.

En prime une petite vidéo pour bien comprendre la technique!

Tissage d'une pièce de Endek. Les fils de trame ont été teints précédemment selon la technique de l'Ikat.
Tissage d'une pièce de Endek. Les fils de trame ont été teints précédemment selon la technique de l'Ikat.
Tissage de l'Endek. On voit clairement les fils de trame pré-teints qui viennent former les motifs sur le tissu lors du tissage.
Tissage de l'Endek. On voit clairement les fils de trame pré-teints qui viennent former les motifs sur le tissu lors du tissage.

 Et pour votre culture générale, sachez qu’en Indonésie, la technique de l’Ikat permet de réaliser les 3 tissus ci-dessous:

 

  • L’Endek: Ikat traditionnel destiné à une utilisation de tous les jours, en sarong ou en écharpe
  • Le Cepuk: il est réalisé en coton et bénéficie de vertus protectrices
  • Le Geringsing: c’est un double Ikat dont les fils de chaîne et les fils de trame sont teints. De couleur grenat sombre, il est tissé uniquement dans certaines régions et revêt un caractère sacré.

LA DENTELLE BALINAISE

On trouve également beaucoup de dentelle à Bali. Les hauts tradtionnels que portent les femmes, au dessus de leur sarong, s’appellent les Kebaya. Ils peuvent être de couleurs multiples et chaque couleur porte une symbolique particulière. Cette symbolique n’est cependant plus très respectée de nos jours.

Femmes portant la tenue traditionnelle balinaise avec un sebaya.
Femmes portant la tenue traditionnelle balinaise constituée d'un haut en dentelle, le sebaya, d'un sarong et d'une ceinture appelée selendang.
Danseuses portant la tenue traditionnelle balinaise avec un sebaya.
Danseuses portant la tenue traditionnelle balinaise constituée d'un haut en dentelle, le sebaya, d'un sarong et d'une ceinture appelée selendang.

Le travail de la dentelle balinaise est appelé krawang en balinais.

Le tissu est étiré sur des cerceaux de bambou et les motifs ou contours de la dentelle sont cousus à la main sur des machines à pied (identiques à celles des anciennes machines à Singer).

Ensuite les zones vides de la dentelle sont délicatement coupées avec de petits ciseaux tranchants.

Les bords de ces zones vides, pas toujours assez nets, sont repris à la machine.

La photo ci-contre qui illustre bien le procédé a été prise dans la boutique Uluwatu à Ubud (Bali). C’est une jolie boutique spécialisée dans ce type de dentelle, très raffinée, et qui propose des vêtements ou du linge de maison.

Il y a pas mal de boutiques à Bali que vous pouvez localiser sur leur site: les boutiques Uluwatu.

Boutique Uluwatu à Ubud. Fabrication de la dentelle traditionnelle.
Boutique Uluwatu à Ubud. Fabrication de la dentelle traditionnelle.